Le neurofeedback est souvent décrit comme une méthode « douce » ou « non invasive ». C'est vrai au sens où les capteurs EEG placés sur le cuir chevelu enregistrent un signal sans envoyer de courant électrique dans le cerveau. Mais cela ne signifie pas qu'une séance ne puisse jamais être suivie d'un inconfort.
Fatigue, maux de tête, irritabilité ou sommeil perturbé : ces réactions sont parfois rapportées. La question est de savoir ce que les études permettent réellement d'en conclure, comment les signaler et quand demander un autre avis.
Le neurofeedback est-il une stimulation du cerveau ?
Dans le neurofeedback EEG, les capteurs mesurent l'activité électrique du cerveau. Un logiciel utilise certains paramètres de ce signal pour modifier un retour visuel ou sonore pendant l'entraînement. Il ne s'agit pas, dans ce cadre, d'une stimulation électrique ou magnétique appliquée au cerveau.
Cela distingue le neurofeedback EEG d'autres techniques de neuromodulation. Il faut aussi le distinguer du bilan QEEG, qui enregistre et analyse un signal mais ne constitue pas, en lui-même, une séance d'entraînement.
Le caractère non invasif de la mesure ne suffit toutefois pas à démontrer l'absence d'effets indésirables pendant ou après une séance.
Quels inconforts ont été rapportés ?
Des personnes décrivent notamment :
- une fatigue ou une sensation de lassitude après l'entraînement ;
- des maux de tête ou un inconfort pendant ou après la séance ;
- de l'irritabilité ou une impression d'agitation inhabituelle ;
- des changements temporaires du sommeil, comme un endormissement plus difficile ;
- parfois, une gêne liée à la durée, au dispositif ou à l'attention demandée par l'exercice.
Ces expériences ne sont pas propres au neurofeedback : une mauvaise nuit, la migraine, le stress, les médicaments ou d'autres facteurs peuvent aussi intervenir. Une réaction survenue après une séance ne prouve pas que le protocole en est la cause. Elle ne doit pas non plus être minimisée ou considérée automatiquement comme un signe que « le cerveau travaille ».
Que montrent les études sur les effets indésirables ?
Une petite étude randomisée, contrôlée par faux feedback et menée en double aveugle en 2015 a examiné les effets transitoires rapportés par 30 volontaires adultes en bonne santé, répartis entre deux protocoles de neurofeedback et un groupe contrôle. Les participants ont effectué dix séances. Les auteurs ont observé des effets transitoires rapportés par de nombreux participants et des différences selon le protocole utilisé [1].
Cette étude est intéressante parce qu'elle a recherché systématiquement les inconforts. Mais 30 volontaires ne permettent pas d'estimer la fréquence des effets dans tous les cabinets ni chez des personnes ayant des problèmes de santé différents.
À l'inverse, une revue systématique de 2026 portant sur sept études et 390 adultes avec un TDAH indique qu'aucun événement indésirable lié au traitement n'a été observé dans les études incluses [2]. Ce constat est rassurant pour les populations et protocoles étudiés, mais il ne démontre pas qu'un risque soit impossible : les études sont peu nombreuses, hétérogènes et le suivi des effets indésirables n'est pas toujours comparable.
La conclusion raisonnable est donc double : il existe des signalements d'effets transitoires, mais les données restent insuffisantes pour donner un pourcentage de risque fiable applicable à chaque protocole.
Une fatigue après la séance est-elle normale ?
Une fatigue passagère peut survenir. Elle mérite d'être notée, surtout si elle est nouvelle, marquée ou répétée. L'important est de ne pas la transformer automatiquement en preuve d'efficacité : se sentir fatigué ne démontre pas que l'entraînement produit un bénéfice.
Il peut être utile de noter brièvement ce qui a changé, quand la sensation est apparue et combien de temps elle a duré. Si elle se reproduit après chaque séance, l'information est importante pour discuter de la suite avec le praticien.
Et si le sommeil ou l'humeur changent ?
Il est facile d'attribuer au dernier événement vécu un sommeil inhabituel, un mal de tête ou une période d'agitation. Pourtant, l'interprétation doit tenir compte des habitudes de sommeil, de la charge de la journée, de la santé générale et des traitements en cours.
Plutôt que de chercher une explication immédiate, décrivez précisément le changement : « Je me suis réveillé trois fois cette nuit » apporte plus d'information que « mon cerveau est déréglé ». Si l'inconfort se répète ou s'aggrave, il ne faut pas le banaliser.
Les personnes qui présentent des symptômes sévères, un trouble psychiatrique insuffisamment stabilisé, une épilepsie ou un problème médical important doivent discuter en amont de la pertinence du suivi et, lorsque c'est nécessaire, solliciter l'avis de leur médecin. Un neurofeedback ne doit pas retarder une prise en charge médicale ou psychologique indiquée.
Que faire si un effet indésirable apparaît ?
Pendant la séance, signalez immédiatement tout inconfort. Le praticien peut interrompre l'exercice, faire une pause et discuter de la situation. Il ne faut pas se forcer à terminer sous prétexte qu'une sensation désagréable serait nécessaire à l'entraînement.
Après la séance, gardez une trace simple du symptôme, de sa durée et de son intensité, puis informez le cabinet avant de poursuivre. Selon la situation, on peut réexaminer le déroulement, envisager une pause ou décider qu'un autre avis est plus adapté.
En cas de symptôme important, inhabituel ou persistant, faites-vous évaluer par un professionnel de santé. En présence de signes neurologiques aigus, d'un malaise sévère ou d'une urgence, sollicitez immédiatement les services médicaux compétents. Le neurofeedback n'est pas le cadre pour diagnostiquer ces symptômes.
Comment reconnaître un accompagnement prudent ?
Avant de commencer, vous devriez pouvoir obtenir des réponses compréhensibles :
- Quel signal est utilisé et dans quel but ? Les images et les sons ne sont qu'un support ; ils ne sont pas une garantie de résultat.
- Comment les inconforts seront-ils recueillis ? Il doit être possible de signaler aussi bien une réaction pendant la séance qu'un changement dans les jours qui suivent.
- Que fait-on si une réaction se répète ? Une réévaluation ou un arrêt doit pouvoir être discuté.
- Comment juge-t-on l'utilité des séances ? Les changements observés dans la vie quotidienne doivent compter davantage qu'une courbe flatteuse.
Les recommandations scientifiques CRED-nf rappellent notamment l'importance de décrire les protocoles et de distinguer les mesures d'activité cérébrale des résultats pertinents pour les personnes [3]. Pour approfondir la question des bénéfices, vous pouvez lire ce que disent les études sur l'efficacité du neurofeedback.
Avant une séance à Sion : les points à clarifier
Avant un accompagnement à Sion, la discussion doit porter aussi sur les inconforts possibles, les limites des preuves et la manière de décider de poursuivre. Une réaction inhabituelle mérite d’être signalée et réévaluée.
Si vous souhaitez comprendre le déroulement pratique, consultez les questions fréquentes sur les séances. Vous pouvez également contacter le cabinet avant un bilan ou un entraînement. Le bilan QEEG, lorsqu'il est envisagé, est distinct des séances et n'engage pas à les commencer.
Références
- Rogel A. et al. (2015). Transient Adverse Side Effects During Neurofeedback Training: A Randomized, Sham-Controlled, Double Blind Study. Applied Psychophysiology and Biofeedback. Lire l'étude.
- Rotkiewicz M. et al. (2026). Effects of EEG neurofeedback in adults with attention-deficit/hyperactivity disorder: a systematic review of randomised and non-randomised studies. Journal of Neurodevelopmental Disorders. Lire la revue.
- Ros T. et al. (2020). Consensus on the reporting and experimental design of clinical and cognitive-behavioural neurofeedback studies (CRED-nf checklist). Brain. Lire la publication.